La routine, tout un état d’esprit.

Hey toi,

Je ne ferai pas l’affront de te dire bonjour ce serait bien trop déplacé compte tenu de l’heure pseudo-avancée, d’autant plus que la majorité de la planète France doit être au travail (Big up la Goulour !) ou encore en repos.

J’ai bien dit la majorité car pas moi. Non pas que je me touche all day long, doigts de pied en éventail en train de contenir ma couenne sur mon canapé, non, mais je suis en train de vivre ce qu’on appelle : la période pôle emploi. Rassure toi Chouhou, je ne suis pas encore au chômage (bientôt, j’attends juste d’avoir mon diplôme, c’est quand même l’une des caractéristiques principales), je suis juste à la recherche d’un stage.

Tous les jours se ressemblent assez et ce, dès le réveil. Sortant d’une période de vacances, inutile de vous dire que mon rythme circadien (jour/nuit pour les non-scientifiques) est complètement un tantinet décalé. Chaque sonnerie de réveil sonne comme une envie de tout défoncer destruction massive envers le monde, ajoutez à ça, une chambre où le rangement, si on peut appeler ça comme ça, n’est autre que le fruit d’une expression tout à fait personnelle (oui, je suis une artiste, encore incomprise malheureusement), une gueule qui reste marquée par les fêtes (joues de hamster’s rules) et une motivation digne d’une larve handicapée pour gagner un marathon d’athlétisme : la journée peut donc commencer.

Mets ton magnifique et sexy pull Gap que tu as depuis tes 15 ans, enfile des tongues qui blanches à la base sont devenues grises, va dans le salon, histoire de profiter des grandes baies vitrées reflétant la grisaille banlieusarde et du frigo’ à portée de mains, pose ton énorme cul sur la chaise, ouvre ton MacBook (je ne dis pas ‘PC’, sous risque de représailles intenses) et scrute le peu d’annonces présentes sur internet. Et là, on est content car le nombre d’annonce qui m’intéresse avoisine le néant. Malgré ça, je pense m’en sortir dans quelques temps, comme dirait l’autre ‘on a pas la thune mais l’espoir’.

Heureusement, derrière la page de l’actu des Inrocks de la Gazette du labo : le fabuleux et vaste monde d’internet (et de Youtube mais ça, c’est une évidence). Bref, de quoi faire swinger tes cheveux gras ta frange, vibrer le flambi de tes bras et, par dessus tout, te pousser à faire saigner ta carte bleue. Bah ouais Nigga, t’as jamais remarqué qu’internet pousse à la consommation et ce, lourdement ?

Un exemple, parmi tant (voire beaucoup) d’autres : tu te balades gentiment sur le site du figaro car comme tout bon citoyen qui essaye de comprendre ce qu’il se passe autour de toi, il est important de comprendre ce que Nicolas fait, ce que Nadine (ndlr : Morano) tweete (paraît que c’est sa nouvelle passion…) ou encore de savoir que Beyonce (alias Mme Z) a accouché. (Ne jamais sous estimer ce gens d’information, cher internaute, car un jour, peut être, ça pourrait changer le cours de ta journée voire de ta vie.) Revenons à nos moutons, donc tu fais genre tu t’intéresses aux infos’, genre t’es méga intellectuel, et là : une petite fenêtre en bas, à droite, faisant de la pub’ pour un site paradisiaque où la vente de chaussures règne en renne. Elle clignote, elle frémit, histoire d’attirer ta pupille de femelle consommatrice, pas con l’bourdon. Tactique mercatique réussie : tu finis par succomber au clic de la mort. Et là, là, c’est la méga merde mon gars, et je pèse mes mots. Non seulement tu cliques sur les catégories les plus chères (oui, parce que techniquement, dans ta tête, t’es riche) mais en plus, tu divagues au fil et à mesure des pages, réalisant que t’as envie de tout acheter, genre TOUT (parce qu’entre une paire de Dunk, de Repetto ou encore de Luxury Rebel, ton cœur balance). Et c’est comme ça pour tout, parce que dans ta tête tu imagines toutes les combinaisons vestimentaires possibles pour aller avec telle ou telle paire ou bien alors la couleur de vernis qui ira exactement avec telle couleur (oui, parce que les détails, c’est hyper importants). Tu finis par surfer lamentablement, bave aux lèvres, sur les sites de la Redoute, Sephora, Amazon, parce que tu aimes lire après tout ou encore celui de la Fnac, parce que tu aimes les concerts.

Bref, moi qui ne suis pas une férue du shopping d’habitude, je dois avouer que je suis victime de mon déterminisme sexuel en ces temps d’intense procrastination recherche mais je vais me soigner, promis. Oh et puis fuck, consommons, brûlons nos cartes bleues et nos soutifs en route, parce que nous aimons ça.

En passant, un son aussi extatique qu’enivrant que j’ai découvert vendredi soir. Le clip est aussi flippant qu’original, je vous laisse découvrir.

Ah oui, la musique fait partie (apparemment) d’un jeu vidéo, Assassin’s Creed, voilà pour l’anecdote.

Zoubix

-Mélo-

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