Non, je ne vous ai pas oublié, même si le dernier post remonte à limite un quart de siècle.
Comprenez, je suis stagiaire. Un rang social assez particulier, un statut permanent de ‘cul entre deux chaises’. Non seulement tu apprends en travaillant, contrairement à d’autres connasses qui sifflent, mais en plus de ça, oui car sinon ce n’est pas drôle, le soir en rentrant chez toi, tu te tapes les moultes offres d’emploi (qui ne te concerne absolument pas) dans l’espoir d’éviter de te présenter au pôle emploi à l’obtention de ton diplôme. Les petits plaisirs de la vie, ça n’a pas de prix.
Enfin bon, tout ça pour vous dire que je pense à vous mais qu’il n’y a pas assez d’heure dans une journée pour que je puisse poster mes petites anecdotes sur la vie.
Donc quoi de neuf ?
- J’ai enfin fait les courses après une semaine somalienne. Champagne !
- La révolution érable au Québec ne désespère pas. Je suis quelque peu admirative de tous ces étudiants qui ont risqué leur session de cours pour leurs droits. La lutte rouge doit continuer, il y a des choses auxquelles on ne peut pas toucher. Continuez à sortir vos plus belles casseroles pour faire raisonner vos revendications, on pense à vous, de l’autre côté.
- Je commence à avoir envie de partir en vacances. Pas bon, du tout.
- J’ai deux poissons rouges maintenant. Non, en fait, un rouge et un jaune, pour la diversité, c’est important.
- Paris me manque mais ça…vous le savez déjà.
- J’aime Gaga mais ça…vous le savez aussi.
Comme vous pouvez le constater, je n’ai rien de bien beau à vous annoncer. D’autant plus que la rédaction de mon mémoire approche à grand pas. Autant j’aime faire flâner mes petits doigts knacki sur le clavier pour vous raconter du caca, autant j’ai vraiment du mal à pondre 40 pages sur un sujet scientifique, bien qu’il me tienne à cœur. J’ai un rationalisme à couper au coûteau. Bref, comme à chaque fois, je compte bien m’en sortir haut et fort, histoire d’arracher ce bout de papier à cette université sodomite et de m’en aller comme une princesse vers d’autres horizons.
Niveau coup de cœur, un coulis de chocolat au lait s’est abattu sur moi lorsque j’ai vu ‘Le ruban blanc’ de Michael Haneke et ‘La merditude des choses’ de Felix van Groeningen, tous deux prêtés par une collègue. Deux très bons films que je vous recommande fortement, pour votre culture personnelle.
Ça fait un bail que rien n’a été posté sur le glaoui.
Pourquoi le temps file si vite ?
Pourquoi à chaque fois que je me lance dans un nouveau projet, je n’arrive pas à m’y tenir ?
Pourquoi ai-je 3 livres entamés, plusieurs bijoux à finir, un carnet à croquis neuf et encore vierge ?
Pourquoi n’ai-je pas le temps d’aller voir les 4 ou 5 films qui me tentent cette semaine ?
Pourquoi doit-on toujours perdre le peu de temps qu’on a à faire les mêmes trucs chronophages et inintéressants (aka la lessive, le ménage, les déclarations d’impôts) ?
Pourquoi ces trucs chiants sont omniprésents dans ma vie, comme si j’étais adulte, alors que dans ma tête je crois que j’ai encore 18 ans ?
Pourquoi mes amis n’utilisent pas touitteur, alors que c’est ‘achement mieux que fessebook ?
Pourquoi j’ai l’impression que c’est toujours moi qui prend des nouvelles ?
Pourquoi ma sœur ne m’en donne pas ?
Pourquoi parfois on aime très fort certaines personnes un jour, et quelques années après, on ne partage plus rien avec ?
Et pourquoi celles avec qui on pourrait partager des choses vivent à l’autre bout du pays ?
Pourquoi un type a atterri ici en tapant dans gougueule “kiki la pute de Gap” ?
Pourquoi les gens veulent-ils attacher leurs enfants dans le caddie du Super U au lieu de leur apprendre à bien se tenir ?
Pourquoi mon chat se met toujours à gratter frénétiquement dans sa litière à 5h du matin?
Pourquoi ai-je rêvé qu’il était nommé Ministre ?
Pourquoi Touche pas à mon poste s’arrête déjà ?
Pourquoi n’y avait-il plus ma pointure de ballerines à H&M ?
Pourquoi suis-je quasi à découvert 2 jours après le versement de ma paie ?
Pourquoi je n’arrive plus à me motiver pour aller à la piscine alors que les capitons de cellulite sur mes cuisses sont de plus en plus installés ?
Pourquoi aujourd’hui je suis en sandales, alors qu’il y a deux jours, je portais mes bottes d’hiver ?
Pourquoi certains parents osent habiller leur fille de 8 ans avec un manteau motif léopard ?
Pourquoi une place de cinéma à Paris coûte la moitié d’un DVD ?
Pourquoi Sheldon Cooper, Chandler Bing, Barney Stinson et Dewey n’existent pas dans la vraie vie ?
Pourquoi Jack n’est pas monté sur cette foutue porte ?
Pourquoi les vieux sont-ils si mous du haricot ?
Pourquoi font-ils toujours leurs courses aux heures de pointes ?
Pourquoi Voldemort attend toujours la fin de l’année scolaire pour essayer de tuer Harry Potter ?
Pourquoi Michael Vendetta n’a-t-il pas quitté le pays, comme il l’avait promis ?
Et pourquoi je vous soûle avec toutes mes questions à la con au lieu d’écrire un vrai article ?
Allez savoir.
Bon. Avant de trouver des réponses à tout ça, je vais quand même essayer de vous pondre quelque chose d’un peu plus élaboré. Promis
Désolée ami lecteur, j’ai failli passer à côté de mon post hebdomadaire. J’ai longtemps hésité sur le sujet de mon post, j’avais envie de parler de tout et de rien et à la fois, j’avais envie de vous faire part de quelque chose d’un tant soit peu innovant.
Tu l’auras compris, Mélo fait rarement dans l’original et a une côte de créativité proche du néant. Je vais donc vous parler de quelques films qui m’ont plu et que j’affectionne particulièrement autant par leur contenu que par leur contexte. Il a fallu faire des choix et nous avons décidé, mes étoiles dans les yeux et moi, de restreindre notre choix sur une sélection typiquement québécoise.
Quoi ? Cinéma ? Québec ? Tout de suite vous pensez à ‘doublage digne d’un film porno des années 70’. Ok, je vous l’accorde. Les versions québécoises sont rarement extatiques et sont dignes d’une peine de prison. Non, là je vous parle de films québécois, avec de vrais acteurs qui viennent tout droit du pays du caribou, avec l’accent, le seul, l’unique. Je vous vends de l’authentique moi, qu’est ce que vous croyez.
Ta ta taaaaaaaaaaaaa ! Je commence avec Les Invasions Barbares de Denys Arcand.
C’est le volet central d’une suite constituée de 3 films (je vous le dis directement comme ça, pas de chichis, les 3 valent vraiment le coup), incontestablement l’un de mes films préférés. Mon but n’étant pas de vous narrer bêtement le synopsis (ou la synopsis, je n’ai jamais su au final si c’était masculin ou féminin, dans ma tête ça se résume à me demander si le fait de devenir scribe s’avère être un bon choix, tu vois), je vais donc vous survolez l’histoire avec mes propres mots via mes propres yeux (logique).
Lui c’est Sébastien, joué par un Stéphane Rousseau impliqué et méconnaissable, il s’est établit à Londres où sa carrière est à son comble. De l’autre côté de l’océan, Rémy, son père. Professeur érudit se voyant contraint d’arrêter ses activités par la faute d’un cancer qu’on lui diagnostique. Eux deux, c’est du ‘je t’aime moi non plus’, victimes d’une relation père/fils ensevelit sous des quiproquos et des incompréhensions de toutes sortes, des reproches et des non dits, les voilà réunis face à une situation aussi délicate que pudique. Sébastien est rappelé par sa mère, pour qu’il rentre à Montréal, histoire de briser la glace avec son père. Lui hésite mais fini par le faire. A tout ça s’ajoute le magnifique tartare d’amis du père, tous aussi touchants, drôles et affectueux. Tous avec une histoire et une personnalité hors du commun. Tous réunis autour de leur ami, en gage de soutien. Saupoudrez tout ça de dialogues riches, d’anecdotes historiques, d’aphorismes savants et shakez avec de l’humour cochon : résultat explosif et même pas besoin de levure pour que ça monte ! C’est triste et drôle à la fois et plein d’esprit, la relation entre le père et son fils évolue l’espace du film et ce de manière originale. Chaque personnage a un rôle qui contribue à cette dernière, même implicitement. Je ne peux pas vous en dire plus, même si l’envie me dévore mais j’ai versé ma petite larme, et merde, je suis comme tout le monde. Et direct après le film, j’ai filé sur Wikipedia pour en savoir plus sur l’histoire du Québec et sa construction. Un film qui est prompt à la culture, c’est pas beau ça ?
Ensuite, mon esprit grand et magnanime me pousse à te parler de ‘L’Age des ténèbres’, encore de Denys Arcand.
Comme je l’ai dit précédemment, il fait parti du tryptique, c’est le dernier volet, sorti en 2007. Et il y a même Emma de Caunes et Diane Kruger lapoufiassetropbellequiparle5langueseasyfingersinthenose, c’est pas méga cool ? Mais si, mais si. C’est pour moi le plus drôle de la série. L’hilarité à son paroxysme, vraiment. Alors bien sûr, on est tous plus ou moins sensibles à un certain type d’humour mais moi j’ai été totalement conquise (je n’aime pas du tout ce mot, ça fait franco-bourgeois). L’histoire ? Un antihéros pas comme les autres et comme tout le monde au final, Jean-Marc Leblanc. Petit fonctionnaire d’un service administratif, homme totalement impuissant face au poids de la société, il mène une vie totalement morne et ennuyeuse. Il est totalement ignoré par les femmes qui l’entourent et se fait, disons le clairement, chier dans sa vie. Pour échapper à sa vie peu excitante, il va faire fonctionner son imaginaire et s’imaginer dans des situations cocasses et complètement loufoques, toutes droit venues d’une époque antérieure. Epoque où apparemment, il se sent libre d’exprimer ses émotions. C’est surplombé d’anachronisme et c’est poilant, regarde donc ça sur ton écran, ça fait du bien dans ton corps, parole de Mélo.
Juste une petite parenthèse, j’ai aussi vu ‘Le déclin de l’empire américain’ et il est pas mal, si j’ai épilogué sur les deux autres, c’est juste une question de préférence, n’y voyez là aucun mal, juste du favoritisme.
Enfin, je vais vous parlerdu sublimissime chef d’œuvre extra réussi de Denis Villeneuse, Incendies, paru sur nos écrans en 2009, pour notre plus grand plaisir. Une bombe qui va tout droit au cul cœur sans passer par la case départ. Le genre de truc qui te bousille les intestins tout en t’émerveillant car tu ne t’attendait pas du tout à la fin, ce qui est rare de nos jours, vous en conviendrez. Le genre de film qui te tient en haleine jusqu’à la fin, ranafout’ si tu ne respires plus, le but n’est pas là. Le genre de film devant lequel tu restes même lorsque la bande annonce est terminée. Celui qui te fait rendre compte que le cinéma en fait, c’est ça. C’est bouleversant et dramatique. Bref, une tuerie. Si tu ne l’as pas encore, mets le sur ta ‘to do list’, c’est impératif.
Je suis assez difficile question film et ma langue fourche toujours sur le ‘c’est une merde’ plutôt que le contraire mais là, vraiment, c’est un beau film et je pèse mes mots.
Voilà j’en ai fini avec mon roman, en cadeau un petit lien pour la Clour, ça casse le mythe mais c’est drôle.
Je vous souhaite à tous une bonne fin de WE si jamais vous faites le pont et pour tous les autres esclaves comme moi, bon courage pour la semaine qui vient !
Juste un article vite fait -tavu- pour parler môman et bébé (non, il n’y a pas de message subliminal).
1- Princesse Soso is pregnant. Joie. Je la lis depuis tellement longtemps que même si je ne la connais pas et qu’elle ne me connait pas, ben je suis trop heureuse dans moi pour elle. Et aussi pour mes zygomatiques, parce que son nouveau blog sur sa grossesse c’est TROP DES BARRES.
2- Du coup j’en profite pour te parler d’un autre blog que j’aime d’amour : Mamans testent. Bon ok, son blog est hypra connu depuis des lustres, mais je le dis, parce que j’aime, j’en pleure de rire, et que peut-être certains ne connaissent pas encore. Alors, précipitez-vous là bas fissa.
3- Ce matin, en farfouillant sur le nouveau blog de Princesse Soso, j’ai cliqué sur le lien vers ce blog de photographe. Et je suis tombée amoureuse.
Les photos de sa petite fille sont magiques. On dirait qu’elle a vraiment un don pour déceler LE moment qu’il faut immortaliser. (Mes préférées sont celles à Londres).
Bon, vous me direz que c’est facile de faire des belles photos quand on a une gamine blondinette à bouclettes aux yeux bleus. Oui mais quand même, y a du génie.
4- Au passage, je tiens à dire que j’ai déjà envie d’acheter ce t-shirt pour enfant, alors que j’ai pas encore de mioche, et que je suis encore loin d’en avoir un (pas de place chez nous, même si on a un congélateur – (c) Mélo pour la blague xD)
Voilà. Je vous laisse, c’est l’heure de ma pause déj, j’ai rendez-vous avec ma tata-qui-déchire.
-Clour-
ps : ne me remerciez pas, je suis ravie d’avoir pu vous mettre une chanson de qualité dans la tête.
L’heure est venue pour moi de poser mon arrière-train démesuré pour vous conter l’un de mes gros coup de coeur. Certains d’entre vous doivent déjà le connaître mais je suis dans l’obligation contrainte et forcée de vous faire partager ça, une initiative américaine dont je suis assez fanatique : PostSecret baby !
‘C’est quoi PostSecret ?’ Ok, laissez moi nourrir ton esprit d’ignare innocent et t’expliquer un peu ce que c’est. Le principe est simple, prendre une carte postale, la personnaliser et écrire dessus une pensée inavouée ou un secret dont vous seul êtes à connaissance.
Pourquoi ? Chacun y voit sa propre motivation mais ce qui est sûr c’est de voir qu’au fond, personne n’est seul. C’est dans cet élan philosophique que je te dis, là, tout de suite, que je pense que nous sommes tous liés par un infime lien, n’importe lequel, que ce soit une pensée, un avis, une expérience, un voyage, un moment ou autre. Non ce n’est pas cliché, et c’est encore loin d’être kitsch, c’est réaliste. Au final, nous finissons toujours par réagir à l’unisson en trouvant un terrain d’entente. Aussi caché soit-il. La preuve : en parcourant le site, au fil des cartes qui nous sont proposées il y a toujours un moment où nous nous reconnaissons. Même si t’es un ouf dans ta tête, un jeddaï et même si t’as déjà fait le tour du monde sur le dos de Mimi Mathy. Même combat. Je tiens juste à préciser que je ne vous force en rien et que je ne tiens pas à faire de ceci une propagande, ce n’est que le fruit de mon avis le plus sincère.
Elles nous font parfois rire, pleurer, avoir honte mais elles sont toutes livrées avec une affectivité et une histoire. Un vrai refuge jubilatoire qui soulage. Les cartes viennent des 4 coins du monde, les écritures aussi différentes qu’intéressantes et les secrets livrés avec une vertu timorée que seuls les plus sensibles d’entre vous pourront percevoir. Avis aux amateurs !
Je vous ai fait une petite compil’ de mes préférées sachant qu’il y a déjà des bouquins/recueils qui sont déjà sortis. Je les ais, bien évidemment et si vous voulez vous les procurer, j’ai bien peur qu’il faille vous les faire importer. Mais on s’en fou, right ?
Here we go :
Pour finir, je vous mets le lien de la petite histoire, autrement dit comment est né ce projet :
Et encore plus encore, allez donc sur leur site tous les dimanches, c’est le jour du post, elles changent donc chaque semaine, pour vous ravir et servir. Enjoy !
Et encore plus plus encore, décidemment c’est Noël en avance ! Je profite de la notoriété grandissante de ce blog parfait, divin, irréprochable, magnifique, souverain, bref tropdelabombe pour faire de la pub (oui, encore) pour un compatriote de promo’ qui fait de la magie et pour l’avoir vu de mes propres yeux ronds et bleus, il est vraiment doué. Je vous mets en lien l’une de ces vidéos, sachant que vous en avez d’autres sur la droite. Enjoy² ! ;)
** ATTENTION, ARTICLE SUBVERSIF, LONG ET CHIANT. **
(‘Pourrez pas dire que je vous ai pas prévenus.)
Reuh.
Je laisse de côté mon humeur sombrement égoïste de dépressive pour vous parler de choses sérieuses.
Vous savez peut-être que le Ministère de l’Education Nationale, en cette période électorale, a décidé d’adresser une circulaire sur l’orthographe aux enseignants.
Parce qu’en effet, mes enfants, le monde va mal. Du moins, le monde écrit de plus en plus mal.
Ca fait un petit moment que ce problème me taraude (verbe du 12ème siècle, bonjour !), mais évidemment le gouvernement profite de l’occasion, hein, vive la récupération, m’enfin, passons.
Je ne sais pas si vous connaissez Stupidbook. Si ce n’est pas le cas, je vous recommande chaudement d’y faire un petit tour. Vos yeux risquent de saigner quelque peu, mais c’est édifiant.
Ce site recense toutes les GROSSES CONNERIES que l’on trouve sur le célèbre réseau social, et vous noterez que la catégorie « Apprendre à écrire » est assez bien alimentée.
A chaque fois que je vais y traîner, c’est toujours la même chose. Au bout de deux pages, je sens comme un poids dans mon ventre, un gros coup de flip qui m’envahit :
ET SI C’ÉTAIT CA, LE DÉBUT DE LA FIN ?
Je sais que j’enfonce des portes déjà grandes ouvertes, mais tant pis. Ça me fait mal de voir la langue française en particulier et l’éducation en général aussi malmenées et dénigrées par les nouvelles générations. Ces ados nés à partir des années 90 (pas tous, heureusement, mais un grand nombre).
Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais j’ai l’impression qu’il y a vraiment eu une rupture, quelque chose qui s’est perdu chez cette génération- là.
Plus je regarde autour de moi, dans la vraie vie ou sur la toile (notamment chez la génialissime Princesse Soso), plus j’ai l’impression que la plupart de ces gosses ont un réel désintérêt pour l’éducation, la culture, la lecture, la réflexion, l’ambition, bref, tout ce qui est censé nous libérer, nous élever et donner un minimum de sens à nos vies.
Il semblerait qu’aujourd’hui, leur logique soit la suivante :
A quoi bon faire les exercices de maths que la prof nous a donnés, moi je sais déjà compter jusqu’à 10, qu’est-ce j’en ai à foutre de Thalès ? Et p’i de toute façon, plus tard, je serai une pute people.
A quoi bon lire un livre, alors qu’il y a des trucs mille fois plus intéressants sur NRJ 12 ? (à savoir l’épisode « Je suis narcissique, et alors ? » de Tellement vrai).
A quoi bon aller à l’école ? De toute façon les profs c’est rien que des sales cons frustrés, et puis choisir un métier pour plus tard, c’est complètement surfait. Je serai une pute star et p’i c’est tout.
A quoi bon écrire correctement, du moment qu’on me comprend ? L’orthographe, c’est pour les bourgeois prétentieux.
Et puis au final, à quoi bon me poser toutes ces questions ? Si j’allais plutôt mettre un like sur la photo facebook de Laurinàà Lovechouu ma bestouille, parce que son nouveau soutif, il est vraiment trop frais ?
!!! Attention - Warning – Achtung, Petite précision !!!!
Je ne lynche pas les gens qui font des fautes. J’en fais, tout le monde en fait, tout le monde en a toujours fait. Certains ont du mal en maths, d’autres en français. C’est normal. Et même les gens dont la communication est le métier ont du mal (lire ceci. Bon, mais là, ça craint quand même.)
Ce qui me gonfle, c’est qu’aujourd’hui, ces gamins ne se demandent plus si on écrit « j’ai envie de te troncher » ou « j’ai envie de te tronché », non non, à la place, ils écriront directement « G envi 2 te troncheii ». Ou alors plus simplement « vasi tu suce ? »
(NB : ceci est un exemple comme un autre.)
Bref, ce genre d’attitude se répand à une vitesse ahurissante, et me laisse une grosse impression de néant. Ils vont devenir quoi, ces gosses, quand ils seront grands ? Et leurs propres gosses, ils en seront à quel stade ? Ils arriveront encore à respirer tous seuls ? Non parce qu’il semblerait que l’atrophie du cerveau se rapproche à grand pas, si on continue sur ce chemin.
Et y a pas à tortiller, mais ça, c’est bien à cause des dérives du ouèb et de la télé-réalité. (ATTENTION, OUAIS, JE DENONCE !)
Pour ma part, je suis née en cette bonne vieille année 1987. J’ai donc traversé mes années de primaire avec les Minikeums, les Disney en 2D, les Playmobils, mais aussi les Tomtom et Nana, les Chair de Poule, Les Roald Dahl, et Le Bescherelle putain de bordel de merde.
Mes années de collège ont été marquées par l’arrivée des téléphones portables (pour les autres, parce que moi j’en ai eu un seulement au lycée), des ordinateurs (chez les autres, parce que moi je n’ai eu qu’un vieux PC volé avec 8Go de mémoire pendant des années), d’internet (chez les autres également, parce que moi… j’ai eu un modem 56K jusqu’en 2005), et de Loanaet la piscine (chez les autres, parce que chez moi, on coupait le courant pour pas que je regarde Le Loft).
Je me suis donc plus ou moins construite en même temps que le World Wide Web et que Loft Story.
Mais j’ai connu la vie d’avant.
L’époque où on était pudique.
L’époque où on avait nos petits secrets.
L’époque où on ne s’affichait pas sans cesse aux yeux des autres sur un mur.
L’époque où la bouche-en-cul de poule n’était qu’une grimace peu répandue.
L’époque où on essayait de respecter des principes de bases comme la grammaire et l’orthographe.
L’époque où on voulait apprendre des choses, genre pour devenir un peu intelligent, et avoir un travail enrichissant plus tard.
L’époque où on ne croyait pas dur comme fer qu’un jour, on deviendrait célèbre en ne foutant strictement rien d’autre qu’exposer son insignifiance aux yeux du monde.
C’est ce qui me fait mal aujourd’hui. Des gosses qui ne savent même pas écrire correctement leur prénom traînent sur le net, et voilà ce que ça donne :
Peut-être que ma réaction est violente, peut-être que ce ne sont que des cas isolés, comme une espèce de minorité visible, peut-être que je suis vieux jeu, mais voilà, certains jours, quand je suis confrontée à tout ça, j’ai peur… Et ça m’arrive de plus en plus souvent.
…
Pourtant… heureusement, HEUREUSEMENT, mon quotidien est également truffé de petites lueurs d’espoir.
Pour les citer en vrac :
La hausse de fréquentation du salon du livre de Paris en 2012 et le succès des séances de dédicaces en littérature jeunesse (Yey !)
Les quelques ados à qui j’ai vendu des livres, alors qu’ils n’étaient au départ pas tellement intéressés
Les gamines de 11 ans qui m’écrivent pour me dire qu’elles aiment lire plus que tout, et qu’elles commencent leur propre roman.
La jeune fille qui nous a envoyé un manuscrit avec en guise de présentation de son œuvre : UN POÈME.
Le lecteur qui nous a dit par mail : « Un jour je voulais lire, j’ai trouvé un de vos livres, jusqu’à aujourd’hui c’est le meilleur que j’ai lu, vous choisissez les meilleurs auteurs, parce-que vous êtes les meilleurs »
Ces exemples sont évidemment tirés de mon quotidien, donc très axés « édition », alors si vous en avez d’autres, n’hésitez pas à les partager, ça me fera chaud au cœur. Vraiment.
Sur ce, mes amis, je vous laisse pour aller me peindre les ongles en violet pailleté <3<3 et mettre une photo de ma manucure sur twitter, histoire de légitimiser mon discours, hein.
Bonus track : un petite vidéo qui illustre parfaitement tout ce que je viens de dire.
Allez, wé wesh, je vous fais des gros Philippe poutoux.
(Lol, facile)
-Clour-
PS : Je n’aborde ici que le problème de la « décadence intellectuelle » des djeun’s, mais j’aurais encore bien des choses à dire sur leur attitude vis-à-vis de la sexualité. En attendant un article à ce sujet (un jour, peut-être), je vous conseille de lire « Ados : la fin de l’innocence » de Géraldine Levasseur, aux éditions Max Milo, ça fout les boules. Vous pouvez aussi regarder « Polisse », pour à peu près le même effet.
Des jours où tu encaisses, puis tu rumines, tu ressasses, tu retournes les choses dans tous les sens pour vérifier si sous un autre angle, ce ne serait pas mieux. Et puis en fait non, c’est pire.
Des jours où tu te rends compte que si CERTAINES PERSONNES avaient été moins nocives et malveillantes, tu ne serais pas encore en train de morfler aujourd’hui, et pour longtemps encore.
Alors bon, ça pique les yeux, beaucoup, ça fait mal à la tête.
Il faudrait juste réussir à prendre tout ça, le ranger tout au fond d’une boîte hermétique, et foutre le tout à la benne. Il faudrait avancer, en définitive.
Mais c’est pas si simple… Bordel, elle est où cette foutue boîte ?
En attendant, quelqu’un pourrait-il m’envoyer un cageot de sérum phy ? J’ai l’œil qui gratte sa mère. Merci bien.
-Clour, pas trop trop rigolote aujourd’hui. Tant pis.-